En bref

L’Espéranto est une langue construite. Elle est la langue la plus régulière et la plus facile à apprendre. Elle a plusieurs caractéristique qui en font un outil de choix pour mettre en pratique des exercices logopédique. Le résumé ci-dessous est décrit plus en détail dans mon mémoire pédagogique « Intégration scolaire : l’espoir de l’espéranto« . Téléchargable aussi ici.

L’Espéranto, c’est quoi ?

C’est une langue construite en 1887 par un docteur polonais (Ludovic Zamenhof) soucieux d’améliorer la communication entre les peuples. Elle est actuellement parlée par plus de 2 millions de personnes réparties dans plus de 120 pays. Elle véhicule une diversité culturelle sans équivalent en promouvant l’égalité entre les différentes ethnies, car elle n’appartient à aucun peuple en particulier, mais à tout le monde.

Ces caractéristiques principales sont :

  • Une langue logique : 16 règles de grammaire sans exception. Les règles les plus importantes :
    • L’espéranto n’a qu’un article défini : ‘la’ (la pomo, la hundo).
    • Tous les noms finissent par la lettre ‘-o’, tous les adjectifs par la lettre ‘-a’ (la bona pomo).
    • Les pluriels se forment en y ajoutant la lettre ‘-j’ en fin de mot (unu pomo, du pomoj).
    • Les adverbes par la lettre ‘-e’, les verbes à l’infinitif par la lettre ‘-i’, au présent par les lettres ‘-as’, au passé ‘-is’ et au futur ‘-os’. (Mi sidis. Nun mi manĝas. Poste vi pagos)
    • L’accusatif est indiqué par le ‘n’ final.
  • Une langue facile : basé sur la construction préfixe-racine-suffixe, le vocabulaire est très vite riche.
    • mal- = contraire : bona / malbona = bon / mauvais ; fermi / malfermi = fermer/ ouvrir ; …
    • -et- = petit : domo / dometo = maison / maisonnette ; arbo / arbeto = arbre / arbuste ; …
    • -in- = féminin : ĉevalo / ĉevalino = cheval / jument ; feo / feino = fée (neutre) / fée (féminin) … …il en existe une quarantaine…
  • Une langue phonique : Chaque lettre se prononce d’une seule manière et chaque son s’écrit d’une seule manière. Voir le tableau de prononciation en fin de document.

Pourquoi l’espéranto pour la dyslexie ?

Dans les cabinets d’orthophonie, les enfants dys font de la rééducation du langage. C’est un travail supplémentaire à fournir en plus de leur désavantage en classe. En particulier, ils travaillent les notions :

  1. Association phonème-graphème
  2. Syllabes (découpage des sons)
  3. Morphologie des mots (racine, suffixe, préfixe).
  4. Syntaxe (combinaison des mots pour former des phrases).
  5. Sémantique (sens des mots).

L’espéranto permet mettre en pratique ces notions en classe en faisant bénéficier tous les autres élèves :

  1. L’association graphème – phonème Composé de 28 phonèmes pour 28 graphèmes, chaque lettre se prononce et tout ce qui se prononce s’écrit. Il n’y a donc pas de problème d’orthographe. (Voir le tableau de prononciation en fin de document) En faisant des dictées en espéranto, on peut mettre en évidence des problèmes de logique et/ou d’audition ainsi que pour la lecture à haute voix.
  2. Syllabes En espéranto, l’accent tonique est donné sur l’avant-dernière syllabe. La notion de syllabe devient utile et le découpage des mots plus évident. « La bela floro » ; « La universitato »
  3. La morphologie des mots Les affixes et les racines sont activement utilisés pour construire les mots et enrichir son vocabulaire. mal- = contraire : bona / malbona = bon / mauvais ; fermi / malfermi = fermer/ouvrir ; … -et- = petit : domo / dometo = maison / maisonnette ; arbo / arbeto = arbre / arbuste ; … -in- = féminin : ĉevalo / ĉevalino = cheval / jument ; feo / feino = fée (neutre) / fée (féminin) ; …
  4. La syntaxe La construction des phrases en espéranto suit des règles simples et sans exception. La ĉevalo rapide manĝas la pomon antaŭ la pordo. Le cheval mange rapidement la pomme devant la porte. [La ĉevalo] est le sujet, car il n’est pas introduit par une préposition et ne finit pas par ‘n’ [rapide] est l’adverbe (il finit par ‘e’) [manĝas] est le verbe conjugué au présent (il finit par ‘as’) [la pomon] est le complément d’objet direct (il finit par l’accusatif ‘n’) [antaŭ la pordo] est un complément d’objet indirect introduit par ‘antaŭ’ (devant)
  5. La sémantique Le sens des mots est contenu dans ses sèmes Avec la notion d’affixes (préfixes-racine-suffixes), on permet à l’élève de construire sont champs sémantique. En élargissant la notion d’affixes et de racines, on peut combiner plusieurs racines pour former des mots. A l’inverse, on peut deviner le sens d’un mot en le décortiquant. Sindonema peut s’écrire, pour faciliter son analyse, sin’don’em’a. sin : relatif à soi don : vient de doni = donner em : inclination, tendance, qualité (pour un être vivant) : adjectif Le mot qualifie donc une personne qui a tendance à donner de soi-même, ou, en français « dévoué ».

Conclusion

L’apprentissage de l’espéranto permet de travailler en classe ce que l’élève présentant des troubles dyslexiques travaille en cabinet de logopédie. Le but n’est pas de remplacer les logopédistes, mais de donner des outils supplémentaires pour que les effets du trouble dyslexique s’atténuent plus vite. Plus qu’un outils, l’espéranto permet de redonner confiance à l’élève en lui permettant d’expérimenter la réussite dans le domaine des langues dans le cadre scolaire. L’apprentissage de l’espéranto pourrait donc s’avérer bénéfique non seulement aux élèves dyslexiques, mais aussi à tous les élèves ayant des difficultés en langue.

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